comme si

Paris, et tes remparts invisibles,

Paris, et tes crimes indicibles,

Immense prison aux airs de fêtes,

Dans tes rues, j’ai bien cru perdre la tête,

Au milieu des lumières de l’enfer,

Où j’ai vu notre globe tourner à l’envers.

Enfumée, j’ai fui ton feu nocif,

Mais mon canot de sauvetage s’est jeté sur un récif,

Alors, à la nage, je suis rentrée,

A toute vitesse vers tes bras meurtriers,

A la mer, ma dernière lueur j’ai rendu,

Et mon cœur inutile, je l’ai perdu.

J’avais si peur, si mal, et manquant de courage,

Lorsque les malheurs se sont jetés sur mon entourage,

Je voulais fuir mais seule la mort me libérerait,

Des tourments de vivre dans un monde aussi imparfait,

Mais cette mort, ô combien elle m’effraie.

Impuissante, condamnée à voir les autres souffrir,

En attendant mon tour,

Faire partie d’une génération destinée à subir,

Une génération aux bras lourds,

Victimes de nos pères et leur progrès destructeur,

Avançant tous vers le récif, pleins de peur,

Car il nous coulera tous…

Un jour, j’ai souri à la lune rousse,

Et ma dernière prière lui fut adressée.

J’ai senti dieu, peu importe comment vous l’appelez,

Ma lueur me fut enfin rendue,

L’esprit clair, car enfin je l’ai su.

Faire comme si demain était acquis,

Ainsi devons-nous vivre nos vies,

Survivre, car il le faut malgré tout,

Tenir la main de ceux qui souffrent,

Leur dire « attendez, le monde sera à vous »

Faire comme si, et le crier à bout de souffle,

Qu’elle peut rien faire, cette putain de fatalité,

Qu’on la combattra, même si ça prend l’éternité,

Faire comme si, voilà notre seule arme,

Faire comme si, sécher nos larmes,

S’accrocher au radeau, pendant que passe l’orage,

Transformer en carburant cette inévitable rage,

Comme si demain était acquis,

Comme si on était pas si petit,

Face au grand univers.

Comme si le monde ne tournait pas à l’envers,

Faire comme si,

Vivre ainsi,

Jusqu’à ce que la lune te réponde,

Jusqu’à ce que passe cette douleur immonde.

Droit devant, vers un nouveau monde.

Car les tiens t’attendent et ils prient,

Que cette fois rien ne soit fini.

Reste en vie, sur cette terre,

Fais comme si, et espère !

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